Texte de Christian Gagnon, membre du Conseil général de la SSJBM, paru dans le journal Metro du 16 février 2011.

Lorsqu’on a été pour son peuple une personne visionnaire et audacieuse, un guide et un grand penseur, il y a plusieurs façons de quitter ce bas monde. On peut mourir jeune, au sommet de sa gloire et de sa notoriété. Ce faisant, on a toutes les chances de devenir une icône et de voir son legs brandi bien haut par ses héritiers idéologiques.

On peut aussi s’éteindre à un âge vénérable, alors que la jeunesse du moment n’a plus aucune idée de ce qu’on a fait pour elle. Le sort a voulu que Jean-Marc Léger nous quitte de cette seconde façon, le 14 février dernier. Pour que justice soit rendue à cet homme exceptionnel, je soumets cet extrait d’un texte intitulé : «Pour sortir du mensonge» que Jean-Marc Léger signait dans la revue L’Action nationale en mars 1954, au summum du pouvoir duplessiste.

«Seule la conjonction des forces résolument nationales et authentiquement sociales nous ouvre une porte sur l’espoir. Disons-le tout net : un État socialiste du Québec, rattaché au minimum à l’ensemble canadien, constitue la seule route vers le salut national. Il est probable que ceux qui entreprendront d’acheminer notre nation dans cette voie se heurteront aux forces conjuguées de la lâcheté, de la politicaillerie, du cléricalisme et de la trahison, aux forces des ténèbres agissant à l’enseigne de la prudence et du réalisme. Il est probable qu’ils essuieront un échec. Mais ç’aura été l’honneur de notre vie de tenter l’aventure. Et d’autres viendront après nous qui la reprendront pour la mener à son terme. C’est la seule espérance qui illumine notre nuit.»

Il n’y a, me semble-t-il, rien à y ajouter.

Lire le texte dans le site Internet du Metro


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