Article d’Henri Marineau publié sur Vigile le 2 février 2012

Tout en réitérant timidement sa position contre la peine de mort, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu y est allé d’une autre déclaration casse-cou en affirmant que les prisonniers condamnés pour meurtre qui occupent les prisons devraient disposer d’une corde pour avoir les moyens de s’enlever la vie…et cela, à quelques jours du lancement de la semaine québécoise de prévention au suicide !

Dans la même « logique », le sénateur, qui siège sur le comité sénatorial qui se penche sur le projet de loi C-10 durcissant la justice criminelle, a ajouté encore un peu d’huile sur le feu en déclarant que, dans certains cas où il n’y a aucune possibilité de réhabilitation, une réflexion sérieuse devrait être entamée sur l’éventualité d’envisager la peine de mort pour ces criminels.

Et, tant qu’à poursuivre dans la logique Boisvenu, le sénateur conservateur a invoqué la raison économique d’un système où la société défraie des coûts astronomiques pour maintenir ces condamné en prison, alléguant, entre autres, que les trois membre de la famille Shafia, reconnus coupables de meurtres cette semaine, coûteront 10 millions $ à l’État canadien.

Par ailleurs, même si le gouvernement Harper joue les vierges offensées devant les déclarations fougueuses d’un homme profondément blessé par ses malheurs personnels, il m’apparaît que l’idéologie du sénateur Boisvenu répond à celle de ce gouvernement déterminé à prendre la défense des victimes contre celle des criminels, écorchant au passage le Québec comme le royaume du laxisme au profit d’un Canada s’affichant comme l’idéal de l’État vengeur.

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