Justine Mercier | Le Droit

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, ne cache pas que le dossier de l’année préparatoire offerte en anglais à Montréal aux cégépiens qui fréquenteront la faculté satellite de médecine de Gatineau est un véritable casse-tête. « C’est beaucoup d’argent pour respecter un principe, mais le principe est important », insiste-t-il toutefois.

Mathieu Lacombe ignorait tout de ce dossier avant que Le Droit ne révèle, en novembre, que les finissants du cégep souhaitant étudier dans la future faculté satellite de l’Outaouais devront au préalable suivre un programme préparatoire offert exclusivement en anglais, sur le campus montréalais de l’université McGill.

Dès le départ, il s’est dit préoccupé par la situation. « Ça n’a aucun bon sens qu’on soit obligé de faire une année préparatoire de médecine en anglais à Montréal », a-t-il réitéré en entrevue éditoriale avec Le Droit.

Le dossier n’est cependant « vraiment pas simple », précise le ministre Lacombe. « Là, on détricote quelque chose qui est déjà fait, souligne-t-il. […] Les inscriptions sont ouvertes pour le programme, ça a été mené par les libéraux et les libéraux ont accepté ce qui était sur la table. Là, nous on arrive comme gouvernement et on a un peu les mains attachées, parce que c’est sur les rails déjà. »

Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu à ce sujet, que ce soit avec McGill, avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ou avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais.

L’un des éléments qui complexifient la quête d’une solution, c’est le petit nombre d’étudiants de la faculté satellite qui devront passer par l’année préparatoire. Sur une cohorte de 24 étudiants par année, McGill a fait savoir qu’ils seront entre 12 et 20 – des cégépiens – à devoir suivre cette année de formation en sciences fondamentales.

« McGill nous dit – et c’est vrai – [qu’elle] ne peut pas offrir cette année-là dans la région, parce qu’il n’y a pas un bassin d’étudiants qui est assez grand, explique M. Lacombe. On ne peut pas avoir des professeurs pour 12 étudiants. »

Ce serait évidemment plus facile si l’UQO offrait déjà des programmes de sciences fondamentales. « Ailleurs, les universités régionales ont des programmes généraux de sciences, note le ministre. […] Le fait que l’UQO a été sous-développée pendant des années, ça a plein de conséquences, dont des conséquences insoupçonnées comme celle-là. »

À ce stade-ci, le ministre « ne sait pas trop comment régler » ce dossier. « Est-ce que ça passe par un nouveau programme de sciences à l’UQO ? Il faut se poser la question. Est-ce que ça passe par un partenariat avec une autre université ? Il faut se poser la question, mais je pense que l’important, c’est que chaque étudiant qui veut faire une année préparatoire puisse le faire en français. »

La solution pourrait coûter cher. « C’est beaucoup d’argent pour respecter un principe, mais le principe est important, affirme M. Lacombe. […] Notre langue est importante. Nous, on travaille pour que le principe l’emporte. »

Il ne s’engage toutefois pas à ce que l’année préparatoire soit offerte en français d’ici la fin du présent mandat, en rappelant qu’il ne s’agissait pas d’un engagement électoral et que le gouvernement actuel « est pris avec ça ».

 

 

 

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