Laurence Niosi | RadioCanada

L’administration de Valérie Plante ira de l’avant avec le projet de rebaptiser la rue Amherst au nom de la réconciliation avec les Autochtones. Un projet qui intervient presque un an après une annonce en ce sens par l’ancien maire de Montréal Denis Coderre.

Un comité composé entièrement de représentants autochtones sera mis en place à l’automne afin de dresser une liste de noms autochtones pour remplacer celui du controversé général britannique Jeffery Amherst, affirme un porte-parole de la Ville à Radio-Canada.

Chef huron né aux environs de 1649, Kondiaronk (Gaspard Soiaga)

Plusieurs noms ont été évoqués dans le passé pour prendre sa place, dont ceux de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, du chef huron Kondiaronk, héros de la Grande Paix de Montréal, ou encore du chef outaouais Pontiac, qui s’est révolté justement contre Amherst.

L’administration Plante affirme toutefois que le nouveau nom de la rue sera autochtone, comme l’avait laissé entendre le maire Coderre en septembre dernier.

« Le processus de planification pour le changement du nom de la rue Amherst est en cours. Les organismes du quartier et les associations de commerçants seront informés du processus et des étapes qui mèneront à l’adoption du nouveau toponyme par le conseil municipal de la Ville de Montréal », indique le porte-parole.

La Ville de Montréal affirme que le comité est en « cours de composition » et n’accorde pas d’entrevue sur le sujet.

Le débat autour de la rue Amherst revient de manière cyclique depuis plusieurs années. On reproche notamment à celui qui a été gouverneur général et commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord (1717-1797) d’avoir préconisé l’extermination des Autochtones par l’usage de couvertures infectées par la variole.

En septembre, à l’occasion du dévoilement des nouvelles armoiries de Montréal où figure un pin blanc illustrant la présence autochtone ancestrale, Denis Coderre avait déclaré que le général serait effacé de la toponymie montréalaise. « Je ne pense pas qu’on puisse célébrer quelqu’un qui voulait exterminer des Autochtones. Goodbye Mister Amherst! », avait dit l’ancien maire.

La formation d’un nouveau comité autochtone survient en outre alors que le débat sur certains lieux ou statues de héros de l’époque coloniale fait rage.

À Victoria, une statue de John A. MacDonald a récemment été déboulonnée à l’extérieur de l’hôtel de ville, dans un « geste de réconciliation » avec les Autochtones. L’ancien premier ministre du Canada a établi le programme de pensionnats autochtones et adopté la Loi sur les Indiens.

La semaine dernière, la Banque de Montréal (BMO) a quant à elle retiré des inscriptions jugées offensantes pour les Autochtones d’un de ses édifices, dans le Vieux-Montréal.