Article de Barbara Yaffe paru dans The Vancouver Sun du 4 janvier 2011.
Traduction par Jacinthe Béliveau.

L’histoire récente nous a enseigné que lorsque les francophones du Québec ressentent de l’insécurité concernant leur langue et leur culture, les choses se compliquent dans le reste du Canada.
La plupart des Canadiens croient que les Québécois francophones d’après la Révolution tranquille et l’établissement du Parti Québécois au provincial et du Bloc Québécois au fédéral, ont eu un regain de confiance quant à la survie à long terme de leur langue.
Mais une nouvelle étude de l’Université d’Ottawa par le professeur en statistiques Charles Castonguay, qui est publiée dans le dernier numéro du journal Inroads, révèle une décroissance de la vitalité de la langue française au Québec et en Ontario.

Sa recherche démontre que l’exode des Anglophones du Québec est devenue chose du passé – 250 000 anglophones ont quitté le Québec entre 1966 et 1986 alors que seulement 8 000 ont fait de même entre 2001 et 2006. Et entre 2001 et 2006, « le poids démographique des individus de langue maternelle française a chuté comme jamais auparavant dans l’histoire canadienne.

« De plus, à travers le Québec, tout comme dans la région montréalaise, la minorité anglophone s’est accrue beaucoup plus rapidement que ne l’a fait la majorité francophone. »
Les données de Statistiques Canada utilisées par Castonguay révèlent que la population de langue maternelle anglaise au Québec a grandi, entre 2001 et 2006, de 3,4 % comparativement à une augmentation de 0,5 % pour la population de langue maternelle française. Bien entendu, en Ontario où l’assimilation anglaise fait partie de la vie, les chiffres sont encore plus décourageants pour la communauté francophone.

Ajouter à cela le fait que le Québec voit sa population générale décliner comparativement au reste du Canada – menaçant ainsi ses 25 chaises à la Chambre des Communes – le futur semble précaire pour la province. Les Québécois francophones ont toutes les raisons de se sentir menacés une fois de plus.
L’objectif du Québec d’être aussi française que l’Ontario peut être anglaise n’a pas été atteint, conclu M. Castonguay, remarquant le fait que les Québécois sont de plus en plus nombreux à être conscients de leur situation. « Les Québécois francophones semblent se réveiller de nouveau. Ce n’est pas compliqué de comprendre pourquoi. »

Lire l’article dans le site du Vancouver Sun


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