Nic Payne | Facebook

 

Débat des chefs en anglais: Jean-François Lisée et Gabriel Nadeau-Dubois s’y engagent avec enthousiasme. Les chauds partisans applaudissent, et comme chaque fois que se présente un fait d’actualité de cette nature — faits qui vont quasi invariablement dans le sens de l’affaiblissement du français comme langue commune –, on mélange tout. Ce n’est pas la volonté de parler anglais qui est en cause ici, ni celle de bâtir des ponts envers la communauté anglophone. Il s’agit plutôt de prendre la juste mesure des choses, notamment en ce qui a trait aux rapports de force qui s’exercent non seulement entre deux langues, mais bien entre deux identités nationales en sol québécois, et de savoir quand tendre la main et quand susciter l’adhésion et montrer un minimum d’honneur en restant debout.

La seule langue officielle du Québec est le français, pour des raisons, me semble-t-il, évidentes. Il est normal que cet état de choses transparaisse tant dans l’enceinte suprême de notre démocratie, que lors de moments culminants comme le débat mettant en présence ceux qui aspirent à diriger notre gouvernement.

Chaque dérogation à cette règle élémentaire rend le français plus optionnel et la nation québécoise plus isolée. Comme au Canada, les deux solitudes québécoises regarderont désormais deux débats différents. Les anglophones et les nouveaux arrivants comprendront une fois de plus qu’au Québec, il y a l’anglais, puis la langue des indigènes qui jasent entre eux, dans leur dialecte local. Il sera encore moins nécessaire qu’avant de s’intégrer minimalement à ce groupe ethno-culturel parmi d’autres. On pourra suivre d’un oeil distrait, en anglais, les petites affaires de cette province provisoirement bilingue dans un Canada anglais.

Les péquistes et les solidaires partisans du débat en anglais doivent, au moins, assumer pleinement le sens de ce que, dans certains cas, la partisannerie leur fait cautionner.

 

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