Il nous a tant chanté, il nous a tant aimé : les hommes, les travailleurs/travailleuses et ce que nous sommes ensemble dans ce pays qu’il a tant espéré.

La plus belle chanson du monde sur la fraternité et l’espoir a été écrite par lui, ici, au Québec. L’artiste nous a quitté, mais sa chanson d’espoir nous habitera à jamais. Nos pensées vont à ses proches.

En 2005  la Société Saint-Jean Baptiste a honoré Raymond Lévesque de la médaille Bene Merenti de Patria.

 

 

 

Marie-Josée Roy – LE JOURNAL DE MONTRÉAL

La COVID-19 vient de nous faucher un autre géant. Raymond Lévesque, auteur de l’immortel hymne «Quand les hommes vivront d’amour», est décédé lundi à l’âge de 92 ans, a annoncé sa famille.

«C’est avec le cœur très lourd que nous vous annonçons le décès de notre grand, Raymond LÉVESQUE des suites de la COVID-19. Auteur-compositeur, interprète, poète, romancier et dramaturge québécois, il a été un véritable pionnier et une figure marquante de la culture québécoise», pouvait-on lire dans le message annonçant son décès.

«Il laisse dans le deuil sa famille, ses amis et le peuple québécois! Reposez en paix M. Levesque! Nous retiendrons de vous votre plus grand espoir: « Quand les hommes vivront d’amour ».»

 

Asymptomatique

Jointe au téléphone par l’Agence QMI, la belle-fille de Raymond Lévesque, Nathalie Paquette, épouse de son fils François depuis 15 ans, a expliqué que l’artiste était en bonne santé, malgré son âge avancé, avant que ne frappe la COVID-19.

«Il était en vie, il avait beaucoup de projets, il écrivait encore quand il est entré à l’hôpital», a expliqué Mme Paquette, en mentionnant que M. Lévesque avait été asymptomatique jusqu’à ce qu’il ne s’éteigne, à 18 h, lundi.

La nouvelle est parvenue rapidement aux oreilles des médias, mais «c’est ce qu’il aurait voulu», que le peuple québécois soit mis rapidement au courant de son départ, a ajouté Nathalie Paquette.

Raymond Lévesque laisse dans le deuil ses enfants François, Pascal, Jean-Vivier, Frédéric et Marie-Marine, ainsi que ses petits-enfants.

Pour l’instant, aucun événement public n’est prévu pour honorer la mémoire du grand créateur.

 

L’époque des cabarets

Parolier passionné, Raymond Lévesque, né à Montréal le 7 octobre 1928, a écrit quelque 500 chansons, en plus de cinq pièces, une cinquantaine de revues humoristiques, sept recueils de poésie, un recueil de lettres imaginaires humoristiques et son autobiographie.

C’est à la radio de CKAC qu’il a eu droit à son premier coup de pouce, l’animateur Fernand Robidoux l’ayant invité à chanter en direct sur les ondes en 1944, à l’âge de 16 ans.

Ce fut la bougie d’allumage dont avait besoin l’artiste, qui a enchaîné les projets et les collaborations, notamment avec Jacques Normand au cabaret montréalais Au Faisan Doré, puis au Cabaret Saint-Germain-des-Prés.

Raymond Lévesque a été aux premières loges lorsque le petit écran a fait son apparition au Québec. De 1952 à 1954, avec Colette Bonheur, il a piloté à Radio-Canada la série de variétés «Mes jeunes années», mais l’appel de la France étant très fort, il s’est installé dans l’Hexagone, où il a enregistré chez Barclay et multiplié les apparitions dans de petits cabarets parisiens.

Il a aussi mis sa plume au service de talents comme Jean Sablon, André Bourvil et Eddie Constantine. Ce dernier a été le premier à immortaliser sur disque «Quand les hommes vivront d’amour», pièce composée par Raymond Lévesque, en réaction à la guerre d’Algérie.

De retour à la maison en 1959, il a fondé le regroupement d’auteurs-compositeurs-interprètes Les bozos avec d’autres camarades – dont Clémence DesRochers, Jean-Pierre Ferland, André Gagnon et Claude Léveillée –, projet qui a débouché sur la boîte à chansons Chez Bozo, rue Crescent.

Raymond Lévesque a été très occupé durant les années de la Révolution tranquille, alors qu’il a participé à des téléromans et animé l’émission jeunesse «Coucou», pour le compte de Radio-Canada.

Il a ensuite collaboré avec un autre grand de la scène, Gilles Vigneault, qui l’a soutenu dans ses projets de poésie, de théâtre et de roman.

 

Très politisé

Raymond Lévesque a reçu plusieurs prix tout au long de sa carrière. Parmi eux, le Félix Hommage en 1980. Il a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec et il a reçu la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

En 1986, sa surdité l’a contraint à abandonner définitivement la scène, mais ses mots vivront à jamais.

 

Pluie d’hommages

Le décès de l’auteur-compositeur-interprète derrière l’hymne «Quand les hommes vivront d’amour», Raymond Lévesque, a suscité une vague de sympathie et d’amour émanant de nombreuses personnalités qui ont uni leur voix pour lui rendre hommage lundi soir. Tous d’horizon