Lettre de Daniel Naud publié dans Le Devoir le 7 décembre 2011

Ben que je sois souverainiste, il n’est pas faux d’avancer que le Canada est une nation où règnent la tranquillité, la sécurité et la liberté. Je peux toutefois affirmer avec la plus vive sincérité que dernièrement, j’ai éprouvé une émotion jamais ressentie en 40 ans d’existence: la peur de perdre ma liberté d’expression. Cette expérience, pour le moins préoccupante, s’est produite lorsque, en regardant le journal télévisé, ont m’a présenté le minidéfilé militaire du premier ministre Harper, soulignant le retour de Libye de la «Canadian Royal Navy». Précisons que je n’ai rien contre le fait de souligner le périlleux travail de ces hommes et femmes risquant leur vie au service d’une nation, ni contre la commémoration des morts et blessés tombés au combat. Ce qui a fait naître une pensée noire en moi, se métamorphosant en peur, est le concept de «défilé». Les images se sont succédé à grande vitesse dans mon esprit en observant le sourire radieux et satisfait de notre «Prime Minister» devant ce déploiement de force. J’y ai vu l’embryon d’une nouvelle culture militaire, comme il s’en trouvait en Europe, il y a quelques décennies.

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