par Élaine Deslauriers  |

LE PATRIOTE 

 

Depuis les débuts de cette chronique, nous avons traqué les anglicismes. Nous en avons vu beaucoup. Dans cette édition du Patriote, nous vous proposons de jeter un regard sur certains mots pour lesquels nous hésitons parfois (ou souvent) sur le genre. Sontils masculins ou féminins ? Il y a sûrement des mots que, chaque fois que vous vous préparez à les écrire, vous vous demandez, estce masculin ou féminin ? Ces mots sont comme des pièges dans lesquels nous tombons allègrement. Un ou une montgolfière ? Un ou une armoire ? Voici donc des noms masculins qu’on emploie par erreur au féminin, et vice versa.

Commençons par les noms masculins qu’on utilise à tort au féminin. Le premier de notre liste, est sans conteste « autobus ». On entend souvent « La 55 est toujours en retard ! », ce qui écorche les oreilles. Par contre, si on parle de la « ligne de bus », ce ne serait pas faux. Aussi, un ascenseur est très utile lorsqu’on doit se rendre au vingtième étage d’un immeuble, surtout s’il n’est pas plein lorsqu’il s’arrête à notre étage. Les amateurs de bonbons raffolent des bons jujubes de toutes les couleurs, surtout les rouges. N’oublions pas éclair, orage, tentacule, orteil, et esclandre pour n’en nommer que quelques autres.

Passons aux mots féminins qu’on utilise indûment au masculin. Une agrafe sert à attacher des feuilles de papier ensemble. En français, une apostrophe est un signe graphique qui indique l’élision d’une voyelle. Aussi, que l’on parle d’un vaisseau sanguin ou d’une voie de circulation, le terme artère est féminin. Ajoutons à cette liste enclume, ecchymose, écharde et intrigue… mais il y en a beaucoup plus.

Parfois, pour rendre la tâche plus difficile, certains mots ont les deux genres. C’est le cas de granule. Pour désigner un médicament, granule est masculin, même si Mes Aïeux ont chanté « Une p’tite pilule, une p’tite granule ». En astronomie, lorsqu’on parle des « grains brillants, cernés par des zones plus sombres, observés sur la photosphère du soleil », ce terme est féminin (Antidote).

Et qu’en est-il du coronavirus ? Dans les différents médias, on a hésité entre la et le COVID-19, car il y a eu une confusion entre la dénomination du virus (SRAS-CoV-2, masculin) et celle de la maladie (COVID-19, féminin). Le terme COVID-19 (de coronavirus disease) est la désignation officielle retenue en février 2020 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les sigles étrangers prenant généralement le genre qu’aurait en français le mot de base qui les compose, COVID-19 est donc de genre féminin, car dans la forme longue du terme français, maladie à coronavirus 2019, le mot de base est maladie. (Grand dictionnaire terminologique, OQLF)

Pour terminer, répondons à la question que nous nous posions au début de cette chronique. Une armoire est un meuble bien pratique. Et, quand la pandémie sera derrière nous, peut-être pourrons-nous aller voir les belles montgolfières à l’International des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Banque de dépannage linguistique, Office québécois de la langue française.
Termium Plus
Antidote 10, Druide informatique inc. 2019