«C’est très important que tout le monde prenne conscience du déclin du français et de l’urgence d’agir», déclare le président du MQF, Mario Beaulieu. Parce qu’à l’entendre, il y a péril en la demeure, et pas seulement à l’ouest du Stade olympique.

«C’est sûr qu’il y a des gens qui nous disent, bon, à Québec et dans d’autres régions, y a pas de danger, y a pas beaucoup d’anglophones, y a pas beaucoup d’allophones. Mais à 50 000 immigrants par année en l’espace de cinq ans, c’est la moitié de la ville de Québec qui arrive, donc c’est important de réagir.»

Par ailleurs, «l’anglicisation de Montréal se fait aux frais de toutes les régions du Québec», avance-t-il, notamment en raison du financement des institutions anglophones. «Au niveau des cégeps, c’est 18 % du financement du gouvernement du Québec qui va aux cégeps anglophones. Les universités anglophones reçoivent 25 % du financement pour 8 % de la population. Toutes ces institutions-là, le mégahôpital anglophone qui va coûter trois à quatre milliards par année, c’est pas Montréal qui paie ça, c’est l’ensemble des régions.»

Il déplore également que plusieurs entreprises qui font affaire au Québec n’ont pas de site Web en français.

Mais c’est l’attraction et l’intégration du français qui semblent au coeur du nouveau MQF. «L’accommodement le plus déraisonnable qu’on vit en ce moment au Québec, c’est de financer des services publics en anglais pour les nouveaux arrivants. Si on veut intégrer les gens, il faut les franciser d’abord», insiste M. Beaulieu.

Le Mouvement s’est doté d’une plateforme de revendication qui tourne autour de l’éducation, de la langue officielle, de la langue de travail et d’intégration. Le MQF entend participer au débat en organisant des manifestations et des campagnes de sensibilisation.

Selon M. Beaulieu, le français a subi plusieurs reculs depuis la dissolution du MQF. «On est parti de très loin. Pendant 15, 20 ans, la question était devenue taboue.» Mais pendant ce temps, «on a eu des coups très durs», plusieurs lois ont affaibli la loi 101, qu’on pense par exemple, récemment, aux écoles passerelles. «On s’est fait bâillonner, on s’est fait imposer qu’on puisse acheter le droit d’aller à l’école publique anglaise avec de l’argent. Donc, notre réponse au bâillon, c’est la relance du Mouvement Québec français», clame M. Beaulieu.

L’organisme profite du soutien de plusieurs syndicats et de l’Union des artistes (UDA). Présent au lancement, le vice-président de l’UDA, Jack Robitaille, déplore l’apport négatif de certaines stations de radio de la capitale.

«Il y a des radios à Québec qui font leur fonds de commerce sur le français-bashing. Lorsque, par exemple, le Festival d’été de Québec, l’an passé, a annoncé que les artistes francophones ne méritaient pas d’être sur ses scènes, y a des radios qui ont dit « Bravo, nous, on n’aime pas les artistes francophones ».»

Recrutement francophone

De son côté, Maria Mourani, députée bloquiste d’Ahuntsic et membre fondatrice du Mouvement Montréal français, déplore le «double langage du gouvernement» en matière d’immigration.

«À l’extérieur, quand il recrute les immigrants, il dit aux gens « Venez au Québec, ici c’est français ». On recrute justement une immigration francophone, par exemple la communauté maghrébine, qui est très diplômée. Ils arrivent au Québec, puis ils se retrouvent à ne pas pouvoir travailler parce qu’on leur demande [de parler] l’anglais.»

Lire l’article dans le site de radio Ville-Marie


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