Article de Jessica Murphy publié dans le Journal de Montréal le 16 janvier 2012

Les premiers ministres du pays passeront les deux prochains jours à tenter de trouver une solution commune à présenter à Ottawa dans le dossier des soins de santé.

photo journal montreal

Les dirigeants provinciaux et territoriaux seront en début de semaine à Victoria, en Colombie-Britannique, pour élaborer une stratégie à la suite de la décision unilatérale d’Ottawa de dicter le cadre financier des soins de santé.

Les premiers ministres sont cependant divisés quant à savoir si cette entente est acceptable. Une ligne de fracture oppose les provinces de l’Ouest et de l’Est et du pays. L’Ontario fait partie des provinces qui ont fait part de leur mécontentement envers le plan fédéral.

Ottawa a choisi de court-circuiter en décembre ce qui s’annonçait comme de longues négociations sur les transferts en santé aux provinces, en dictant ses conditions. Les transferts continueront de croître de 6 % par année jusqu’en 2017, mais par la suite, la croissance des transferts sera liée à la croissance économique, incluant l’inflation, ce qui donnerait probablement une croissance avoisinant les 4 % par année.

« Cela a complètement changé la dynamique », estime Patrick Fafard de l’Université d’Ottawa, qui note que les provinces, plutôt que de faire front commun pour obtenir de l’argent supplémentaire d’Ottawa, sont maintenant aux prises avec des cibles plus aléatoires.

M. Fafard s’attend à ce que les provinces fassent pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il finance d’autres projets de soins de santé. Cette idée a récemment été lancée par le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall.

M. Wall a proposé que le fédéral fasse équipe avec les provinces pour financer des projets « novateurs », qui s’attaqueraient à des problèmes spécifiques du système de santé.

L’autre possibilité serait de conclure des ententes bilatérales entre le fédéral et les provinces, plutôt qu’un large accord multilatéral sur le modèle de l’accord original sur la santé, qui prend fin dans deux ans.

« La réponse n’est pas évidente, a souligné M. Fafard. Devons-nous avoir un seul système de soins de santé ou plusieurs? »

Le président de l’Association médicale canadienne, John Haggie, maintient qu’avec « une certaine vision de la direction et de la collaboration », les premiers ministres pourraient jeter les bases d’un système de soins de santé revitalisé.

« C’est le temps pour eux, comme groupe, d’intensifier leurs efforts, a-t-il dit. Les Canadiens sont désespérément désireux de voir une transformation quelconque se faire dans les soins de santé. »

La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, sillonnera le pays au cours des prochains mois pour rencontrer en tête-à-tête ses homologues provinciaux, dans le but de discuter des soins de santé.

Mme Aglukkaq a déclaré que maintenant que l’argent est sur la table, les discussions peuvent se concentrer sur la responsabilisation et la pérennité du système, de même que sur les besoins individuels de chaque juridiction.

Dans un rapport publié la semaine dernière, la coalition de groupes de santé Health Action Lobby a soutenu qu’il y avait une croyance générale que le système canadien de soins de santé pourrait être durable, s’il y avait une volonté politique pour mener les changements nécessaires.

La coalition a demandé au gouvernement fédéral de jouer un rôle « fonctionnel » dans l’amélioration de l’accès et dans la qualité de ce système de santé.

Voir dans le Journal de Montréal


   Articles pertinents :