Patrick Duquette | LE DROIT

C’est fou ce qu’on peut accomplir avec de la volonté politique.

Vous vous rappelez, cette saga autour des cours en anglais à la future faculté satellite de médecine de l’Université McGill à Gatineau ? C’est réglé.

Tous les cours, je dis bien tous les cours, se donneront en français. Y compris ce programme préparatoire pour les cégépiens que les libéraux du précédent gouvernement avaient « oublié » d’inclure dans leur plan de francisation.

En quatre mois et demi depuis son arrivée au pouvoir, le ministre régional Mathieu Lacombe a réglé un dossier que les libéraux présentaient comme insurmontable.

Qu’est-ce qui a fait la différence ? La volonté politique.

En quatre mois et demi depuis son arrivée au pouvoir, le ministre régional Mathieu Lacombe a réglé ce dossier que les libéraux présentaient comme insurmontable. Alors que ce n’était pas si compliqué.

La différence, c’est que les libéraux de Philippe Couillard ne se sont jamais réellement offusqués de ce que des cours offerts à Gatineau se donnent en anglais. Pour eux, le fait que ce soit la prestigieuse faculté de médecine de l’Université McGill qui en chapeautait les activités excusait bien des accrocs linguistiques.

Alors que pour le ministre Lacombe, c’était une question de principe. Des étudiants québécois en médecine ont le droit de recevoir une formation en français dans une province où la langue officielle est le français, point à la ligne.

C’est une chose qui va de soi dans les autres régions du Québec où existent des facultés satellites de médecine. C’est une chose qui aurait dû aller de soi à Gatineau.

Maintenant, il faudra voir si les bottines continueront de suivre les babines dans le cas de la CAQ. Le ministre Lacombe a promis qu’il accélérerait le développement de nouveaux programmes à l’UQO, un établissement qui accuse un retard important à cet égard par rapport au reste du Québec.

C’est de la musique aux oreilles du recteur Denis Harrisson. Il entretient de grands espoirs avec l’arrivée au pouvoir de François Legault. Son gouvernement fait de l’éducation sa grande priorité. L’avenir lui semble si radieux qu’il se plaît à envisager un second mandat de recteur et parle de « voies ensoleillées » à la manière de Justin Trudeau.

De fait, on peut comprendre le recteur d’envisager l’avenir avec optimisme. Maintenant que les conflits de travail sont réglés à l’UQO, il peut consacrer toute son énergie au développement de son établissement d’enseignement.

Avec les moyens financiers hérités du régime libéral, l’UQO peut se permettre de développer un nouveau programme par année pendant 10 ans. C’est nettement insuffisant pour rattraper son retard historique sur les autres universités du Québec.

Surtout que ce retard coûte cher à l’Outaouais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Selon le recteur, le nombre d’étudiants québécois inscrits à des institutions postsecondaires en Ontario a grimpé de 2600 à 6000 entre 2011 et 2017.

Pendant que l’Outaouais avance à petits pas, l’Ontario fait des pieds et des mains pour attirer des étudiants québécois de son bord !

Oui, l’éducation postsecondaire coûte cher. Juste pour développer ses trois nouveaux programmes en santé, le recteur estime des coûts de 4 millions de dollars. En même temps, rappelle Denis Harrisson, chaque dollar investi à l’UQO apporte des retombées de 8 $ à l’économie du Québec. Ça vaut le coût.

Le gouvernement Legault sera-t-il à la hauteur des espoirs de l’UQO?. Le premier budget du gouvernement caquiste, attendu en mars, donnera une idée de sa détermination. On verra alors si l’UQO, tout comme la région de l’Outaouais, a cessé d’être la grande négligée du Québec.

 

 

 

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