Article de Jean-François Cyr dans 24 heures, le 29 septembre 2009.

Malgré la volonté de Québec de promouvoir l’usage du français, le gouvernement lui-même ne respecterait pas sa propre politique linguistique dans ses différents ministères et organismes. C’est du moins l’avis que partagent divers groupes québécois qui militent pour la défense du français dans la province, dont le Mouvement Montréal français (MMF), Impératif français, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) et le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Leurs représentants respectifs soutiennent que les politiciens sont incapables de faire respecter la loi linguistique, qui stipule notamment « que l’administration publique doit favoriser l’unilinguisme français dans ses activités afin de refléter le fait que le français est à la fois la langue officielle et la langue normale et habituelle de la vie publique », dans plusieurs organismes publics.

Parmi ces organismes et ministères se retrouvent, de façon non exhaustive, l’Office de la protection du consommateur, Service Québec, Hydro-Québec, la Société de l’assurance automobile du Québec, la Commission des transports du Québec et la Régie du logement.

On souligne d’ailleurs que les services gouvernementaux communiquent de plus en plus en anglais. Cela va même jusqu’à 75 % avec les immigrants allophones de Montréal.

« Il est grand temps de sonner la fin de la récréation quant au cafouillis linguistique généralisé qui existe au sein de l’administration publique québécoise », lance la présidente du SFPQ, Lucie Martineau.

Le « Press 9 »

Il semblerait qu’une bonne part des ministères et organismes du gouvernement « bafouent » la loi en offrant, en premier lieu, l’accès au message en anglais dans leur système d’accueil téléphonique. On fait allusion ici au fameux « For service in English, press 9 ».

« Quand on vous invite au téléphone à sélectionner l’une des différentes options sur le message d’accueil, le choix d’avoir un service en anglais doit survenir à la toute fin. Cela peut paraître banal, mais c’est un symbole important et un geste qui dévalorise le français », affirme Mario Beaulieu, président de la SSJBM.

Pour se battre contre le problème, le regroupement s’est fixé comme objectif de dresser une liste complète des différents organismes « délinquants » et ensuite de rappeler à l’ordre ceux qui utilisent des messages d’accueil téléphonique du genre « Press 9 ».

D’après Luc Thériault, président du MMF, le message doit être clair. « Le français doit être la langue commune de l’espace public au Québec. »

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