Mon Canada!
Nous fûmes d’abord des Canadiens.

Le premier Canada, l’authentique, l’original, le vrai, c’était cet immense pays couvert de forêts qui déverse ses eaux dans les Grands-Lacs et le Fleuve Saint-Laurent, des Rocheuses jusqu’a l’océan atlantique, et ce sont les coureurs de bois et explorateurs de la Nouvelle-France qui l’ont parcouru et occupé avec les Premières nations alliées il y a 400 ans. Les premiers Canadiens sont des Indiens et des Français métissés et alliés. Les premiers Canadiens sont des Québécois…et par extension, des Acadiens.

Le Canada qu’on nous impose et qu’on veut nous faire honorer, ce n’est pas le nôtre.

C’est celui des Britanniques royalistes qui ont fui l’indépendance américaine et se sont réfugiés ici pour tenter d’y maintenir une emprise britannique sur l’Amérique.

C’est celui des Britanniques et Écossais monarchistes, puritains et capitalistes qui se sont installés chez nous par la force, ont accaparé les meilleures terres et les meilleurs postes, nous ont empêché de joindre le grand mouvement d’indépendance américaine, ont étouffé sauvagement le projet républicain des Patriotes et de Papineau, ont tout mis en œuvre pour rayer de la carte les vrais fondateurs et occupants de ce pays, les Canadiens-français et les Indiens, pour s’accaparer toutes les richesses du pays.

C’est le Canada de Durham -l’assimileur par noyade, de McDonald -le confédérateur par chemin de fer, des Trudeau -les compresseurs par multiculturalisme anglais, de Chrétien -le mange-québécois. C’est ce pays pétrolier qui ne sait plus se gouverner.

C’est le Canada de ceux qui veulent l’extinction de la nation française comme nation fondatrice et comme nation tout court, jusque dans son derniers bastion, l’État national du Québec.

Le Canada, « Terre de nos aïeux », ce n’est pas celui de Durham, de McDonald, de Trudeau, de Chrétien, c’est celui de Adanabijou, de Champlain, de Étienne Brulé, de Louis Hébert, de Callières et des peuples autochtones signataires de la Grande-Paix de Montréal, de Papineau, de Riel, de Mercier, de Montferrand, de Vigneault, de Félix, de Lévesque, de Michel Tremblay, de Falardeau, de Samian, de Salebarbes.

Et le Ô Canada d’origine, c’est cet hymne écrit par Basile Routhier et composé par Calixa Lavallée, deux des nôtres, pour les Canadiens français, et non cette salade bilingue pour un pays unilingue britannique et puritain, dont on a effacé la moindre référence à la France et à la foi catholique. Et la feuille d’érable, c’est d’ici qu’elle vient.

Le Canada que j’aime, c’est celui de mes ancêtres. C’est celui que je partage avec les Premières nations, les Acadiens, les Francos et ceux qui nous respectent.

Le Canada britannique, non merci.

(Photo: Étienne Brulé, premier « truchement » (traducteur) et coureur de bois)