Agence QMI | Journal de Montréal

MONTRÉAL | Un sondage révèle que 48 % des Québécois jugent qu’il n’y a pas assez de musique francophone dans les commerces où ils magasinent.

La proportion grimpe à 54 % chez les citoyens dont la langue maternelle est le français ainsi que chez les gens âgés de 55 ans et plus.

Le coup de sonde réalisé par Léger pour le compte du Mouvement Québec français (MQF) indique toutefois que ces mêmes répondants, dans une proportion de 33 %, disent écouter principalement de la musique francophone.

En outre, 55 % des personnes sondées soutiennent que la musique entendue dans les commerces et les centres commerciaux «ne leur ressemble pas», 60 % des gens reconnaissant pourtant que la musique devrait viser à leur plaire.

«Je suis convaincu que les données révélées aujourd’hui en surprendront plus d’un. Au Québec, il y a un mythe voulant que la demande musicale soit davantage tournée vers l’anglais. Or, le sondage que nous vous présentons aujourd’hui démontre clairement que c’est faux», a dit le président du MQF, Maxime Laporte, dans un communiqué diffusé samedi.

Le sondage montre par ailleurs que 55 % des Québécois croient que la place du français est moins importante qu’il y a une décennie. Pire, 57 % jugent que le français aura continué de reculer dans 10 ans.

Entreprises sondées

Le MQF a aussi mandaté la firme de sondage pour qu’elle interroge les dirigeants d’entreprise pour savoir comment ils sélectionnent les pièces musicales qui tournent en boucle dans leurs commerces.

Quelque 300 commerçants se sont prêtés au jeu et il appert, selon le MQF, «que les choix musicaux des entreprises ne découlent d’aucune stratégie particulière et ne se fondent sur aucune étude marketing ni aucune planification systématique»,a précisé l’organisation, en ajoutant que «dans ce contexte, il va sans dire que la langue des chansons se révèle encore moins prise en considération».

Selon le MQF, les entreprises ne font pas de suivi même si elles peuvent émettre des recommandations quant au style musical à privilégier. Certains commerces vont opter pour une liste de chansons, alors que d’autres vont se brancher sur une radio commerciale.

«Nous espérons vivement que la démonstration que nous faisons aujourd’hui changera la tendance. Diffuser de la musique en français peut favoriser un meilleur développement du sentiment d’appartenance des clients à l’égard des entreprises.

C’est un choix qui rapporte», a dit Maxime Laporte, qui appelle les élus à légiférer.

«Il est grand temps que nos élus à l’Assemblée nationale prennent les choses en main. Nous réclamons la tenue d’une consultation impliquant tous les acteurs du milieu, en vue de l’adoption d’une loi qui régira ces aspects trop longtemps négligés. L’idée, c’est de faire rayonner la musique d’ici, majoritairement de langue française, tout en soutenant mieux l’industrie culturelle québécoise face aux géants américains et canadiens. C’est un pan entier de la culture québécoise qui est absent de notre propre espace public commercial», a souligné le président du MQF.

 

 

 

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