Article tiré de la Presse canadienne pour Radio-Canada le 19 octobre 2009.

La loi 101 doit aussi s’appliquer aux cégeps pour assurer l’avenir de la culture francophone au Québec. C’est du moins le message que lancent des groupes de défense du français et l’ex-premier ministre Bernard Landry. Ils relancent ainsi un vieux débat.

Marc Laviolette qui est président de Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-Libre), un club politique du Parti québécois, explique que le recul du français observé depuis cinq ans les inquiète.

Plus de 50 % des immigrants allophones choisissent de poursuivre leurs études collégiales en anglais, même si la loi les oblige à étudier en français au primaire et au secondaire.

Pour ces groupes de défense du français, il est clair que l’effet d’entraînement ne suffit pas, ce qui nécessite, selon eux, une action immédiate.

C’est pourquoi ils demandent que la portée de la Charte de la langue française soit étendue, plus particulièrement avec l’obligation de fréquenter l’école française au niveau collégial.

« On est passé sous la barre du 80 % au niveau du Québec, sous la barre des deux tiers dans les régions et sous la barre de 50 % sur l’île de Montréal. »
— Marc Laviolette

Le professeur Charles Castonguay, un expert des questions linguistiques et démographiques, participe aussi à cette campagne. Celui-ci assistait, tout comme Bernard Landry et Marc Laviolette, à une conférence de presse donnée lundi à ce sujet par la Société St-Jean-Baptiste de Montréal.

« Les jeunes du libre choix annulent l’effet, plus qu’annulent même, l’effet des enfants de la loi 101. L’effet du libre choix au collégial fait plus que renverser l’élan donné à la francisation par l’obligation faite aux enfants des nouveaux arrivants, et faite aux francophones, de fréquenter l’école française. »
— Charles Castonguay

M. Landry a expliqué que si lui-même n’avait pas étendu la portée de la loi 101 au niveau collégial lorsqu’il était au pouvoir, c’est parce qu’il croyait que l’élan donné à la fréquentation de l’école primaire et secondaire en français suffirait à favoriser la poursuite des études au cégep en français.

Force est de constater que cette stratégie n’a pas fonctionné. C’est pourquoi il juge, avec le recul, qu’il faut maintenant intervenir.

Des réactions

Le Comité national des jeunes du Parti québécois défend la même position que le groupe. Son président, Alexandre Thériault-Marois, croit que la loi 101 n’atteint pas ses objectifs et principes d’intégration.

Pour sa part, le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, s’oppose à cette idée d’étendre la portée de la loi 101 au collégial. Selon lui, il vaut mieux d’améliorer l’apprentissage de la langue seconde dans les cégeps tout en laissant aux étudiants le choix de leur langue.

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