Article de Brigitte Saint-Pierre dans le cahier spécial sur le 175e de la SSJBM dans Le Devoir du 13 et du 14 juin 2009
Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), Mario Beaulieu, fait valoir que le français connaît un recul dans la métropole. À son avis, la question linguistique est en outre devenue taboue. «Il faut ramener la question de la langue dans le débat public», affirme-t-il. Dans ce contexte, la SSJBM a, selon lui, un rôle important à jouer.

Selon Mario Beaulieu, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), il est urgent d’agir pour consolider la place du français dans la métropole. «Les francophones de langue maternelle sont devenus minoritaires sur l’île de Montréal. Les francophones de langue d’usage à la maison sont aussi en déclin rapide», note le président général. La proportion des résidants de l’île de Montréal parlant le plus souvent français à la maison est passée de 56,4 % en 2001 à 54,2 % en 2006, selon les données du recensement.

«Les transferts linguistiques se font encore de façon disproportionnée vers l’anglais», affirme en outre M. Beaulieu. En 2006, les résidants de l’île de Montréal qui avaient une langue maternelle autre que l’anglais ou le français et qui avaient changé de langue d’usage à la maison avaient opté dans une proportion d’environ 55 % pour l’anglais et de 45 % pour le français. Pour l’ensemble du Québec, ces proportions étaient respectivement de 49 % et de 51 %. «Normalement, ça devrait être à 90 % vers le français», estime M. Beaulieu.

La SSJBM prend également part à une tournée régionale de la coalition pour un seul méga-CHU (centre hospitalier universitaire) à Montréal. Cette coalition invoque «la hauteur excessive des investissements requis» et «l’importance de préserver des fonds pour le développement des services de santé à l’extérieur de Montréal». Elle affirme que les investissements faits dans le Centre universitaire de santé McGill «sont beaucoup plus élevés que ce que requiert le nombre d’anglophones à Montréal, qu’ils sont peu rentables, étant donné l’exode permanent des médecins formés à McGill, et qu’ils perpétuent la division traditionnelle entre anglophones et francophones». Elle s’inquiète enfin des effets de ces investissements sur l’usage du français comme langue de travail, de recherche et d’enseignement au Québec.

La souveraineté du Québec est en outre l’un des chevaux de bataille de la SSJBM, qui cherche à faire en sorte que les efforts des différents groupes indépendantistes soient coordonnés. «Si on veut faire du Québec un pays indépendant, c’est parce qu’on est une nation. Ce qui fait de nous une nation distincte, c’est qu’on a une langue, une culture et une histoire qui nous sont propres, ainsi qu’une spécificité sur le plan économique», affirme M. Beaulieu.

La SSJBM travaille aussi à l’établissement d’une coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire nationale. «Les cours en 3e et 4e secondaires ont largement évacué l’histoire nationale», affirme le président général. Mario Beaulieu estime qu’il est essentiel que les Québécois connaissent bien leur histoire. «C’est la connaissance du passé qui fonde notre compréhension du présent et nos décisions quant à l’avenir.»

La SSJBM compte à l’heure actuelle environ 3000 membres, indique son président général. «On a fait une réforme en profondeur de toute l’organisation, pour se donner une meilleure capacité d’action. On a commencé à augmenter le nombre de membres de la Société Saint-Jean-Baptiste. On veut aussi rajeunir nos membres. C’est déjà commencé, mais on va intensifier nos opérations de recrutement», affirme M. Beaulieu.

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