Article de Christian Rioux publié dans Le Devoir et sur Vigile.net le 23 décembre 2011

L’année 2011 passera-t-elle à l’histoire comme celle où le Québec est redevenu une province ? Vous me direz qu’il en a toujours été une. D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai pourtant jamais perçu le Québec ainsi. Il m’a toujours semblé que cette terre avait toutes les caractéristiques, sinon d’un pays, du moins de quelque chose qui pouvait y ressembler. On ne savait pas quand on y arriverait, mais on savait qu’on y allait. Comme dans une chanson de Vigneault. Cette assurance nous suffisait. Même que de nombreux fédéralistes pensaient la même chose. Dans ma famille, on utilisait toutes les périphrases pour éviter de prononcer le mot « province ». J’avais une mère un peu originale qui, au lieu du « P.Q. » de la chanson de Ferland, se plaisait à écrire « État du Québec » sur sa correspondance en guise de défi à tous les provinciaux dont elle avait horreur.

En survolant les grands et petits débats qui ont agité notre peuple en cette année 2011, on ne m’enlèvera pas de l’esprit le sentiment désagréable et diffus que nous sommes lentement en train de redevenir une province. S’il en fallait une preuve, une seule, je crois que l’élection d’une députée unilingue anglaise dans la belle région de Berthier, que je visite chaque année, en fournirait une. La preuve est si éclatante qu’il ne s’est trouvé personne, parmi ce peuple tétanisé où chacun est pourtant devenu chroniqueur, pour réclamer la démission d’un élu incapable de communier à la culture de ses commettants. Et donc d’être l’ombre d’un député !

Voir sur Vigile.net


   Articles pertinents :