Éditorial de Robert LAPLANTE publié dans L’Action nationale et paru dans Vigile le 5 décembre 2011

Tant que les Québécois ne saisiront pas les termes de la logique de prédation qui façonne les discours de renoncement au combat national, ils seront à la merci des pseudopragmatiques qui servent d’ores et déjà d’agent de minorisation. Ils sont déjà fort actifs sur la scène politique provinciale et tout le complexe médiatique les soutiendra pour donner à la bourgade le pathétique spectacle d’elle-même. Nous, les indépendantistes, nous savons que cette logique produit de la pensée molle, de la restriction mentale coupable et des élites velléitaires disposées à tous les compromis, voire les compromissions. C’est une donnée fondamentale de notre combat. Nous savons que c’est cela qu’il faut vaincre et que c’est là la composante la plus sournoise du rapport d’adversité dans lequel nous avons à penser notre émancipation.

La province se défait. Pour certains, cela provoque de l’effarement. Il faut les rassurer, il n’y a pas lieu de céder à la panique, car l’indépendance ne sera pas la continuation de la logique provinciale. Ce qui se perd de la province ne manquera pas nécessairement dans le combat indépendantiste dont le matériau n’a rien à voir avec l’espace hétéronome de la politique provinciale. Ce matériau c’est l’intérêt national. Et il est incompatible avec le statut et les institutions de la province. Le souverainisme officiel a trop divagué, il s’est perdu dans le clientélisme et le marketing politique d’amateur. Il faudra qu’il se recentre et se recompose dans le paradigme de la rupture. Cela peut prendre un certain temps. Et cela va nécessiter bien des débats que le présent numéro veut alimenter. Les turpitudes politiciennes ne sont pas toujours des mouvements de la pensée. Il faut agir froidement et sans précipitation. Les agités nous ont déjà fait perdre trop de temps et d’occasions.

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