Article de Fabrice De Pierrebourg paru dans La Presse du 9 juillet 2001

Erreur ou résultat d’une mauvaise planification le nouveau site internet de la Direction de santé publique de Montréal n’est accessible qu’en français. Les anglophones devront patienter encore trois semaines avant de pouvoir obtenir de l’information dans la langue de Shakespeare. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, estime la Société Saint-Jean-Baptiste.

Le quotidien The Gazette, qui a révélé ces faits hier, a cité des études, en particulier pour Santé Canada, qui démontrent que la barrière de la langue a un impact négatif sur l’accès aux soins médicaux. Cité par le quotidien anglophone, Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades, se demande pourquoi la direction de santé publique de Montréal n’a pas attendu que la version anglaise de son site soit prête avant de le mettre en ligne.

«Une mauvaise interprétation»

Même s’il se dit d’accord pour que des services de santé soient aussi offerts en anglais, Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, estime pour sa part «déplacée» cette exigence d’une version anglaise simultanée. Selon lui les protestataires font une «mauvaise interprétation»: «Au Québec, les services publics ne sont pas bilingues. C’est l’unilinguisme français qui est privilégié, et tout citoyen au Québec se doit de connaître la langue française.»

Mario Beaulieu ne croit pas que le fait que le site n’ait pas encore de version anglaise «mette en danger la santé des gens». Selon lui, c’est plutôt la langue française, «déjà en recul à Montréal» qui est en péril: «Le bilinguisme institutionnel aboutit toujours à l’assimilation des langues minoritaires.»

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