Article de Marc Laviolette et Pierre Dubuc, respectivement président et secrétaire du SPQ Libre publié par Le Devoir le 17 janvier 2012

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«Libres en autant que les lois anglaises le permettent»

Aux rénovations économiques de François Legault, le PQ n’a rien de mieux à proposer qu’un plan de rénovations politiques, là aussi toujours dans le cadre de la Maison Canada, comme en témoigne le cahier de propositions soumis au Conseil national de la fin janvier.

Dans un texte fort éclairant, paru dans Le Devoir du 30 décembre 2011 sous le titre «Réformes démocratiques. Des tentatives étouffées dans le cadre canadien», André Binette a montré les limites constitutionnelles de plusieurs des projets de réforme des institutions politiques mis en avant dernièrement (Constitution québécoise, assemblée constituante, réforme du mode de scrutin, etc.) et il en tirait la conclusion que «seule la souveraineté du Québec donnera au peuple québécois la pleine capacité d’innover, d’approfondir sa démocratie et de se donner des institutions qui seront entièrement légitimes à ses yeux».

C’est avec une approche similaire que, dans un texte que nous avons fait paraître sous le titre «De la démocratie au Québec» (Le Devoir, 26 septembre 2011), nous rappelions que, malgré les différentes modifications constitutionnelles ayant eu cours depuis la Conquête, les termes de la Proclamation royale de 1763 s’appliquent toujours, c’est-à-dire que le Québec est libre «en autant que les lois anglaises le permettent», et qu’à défaut de l’indépendance, la plupart des réformes démocratiques discutées ces derniers mois n’auront pour effet que de bonifier le home rule, que nous a si gentiment octroyé la Couronne britannique.

Nous ne cherchons pas à nier l’importance de ces questions démocratiques. Au contraire. Cependant, nous croyons que les États généraux du mouvement souverainiste constituent le cadre approprié pour en débattre. C’est pourquoi nous avons été parmi les premiers à proposer la tenue de tels États généraux (Le Devoir, 22 août 2011) et à suggérer de les envisager comme un travail préparatoire pour l’Assemblée constituante chargée de l’adoption de la Constitution québécoise au lendemain d’un référendum gagnant.

Toutefois, la priorité des indépendantistes doit être l’élaboration d’une stratégie victorieuse pour mettre fin à notre dépendance et entreprendre la construction de la Maison Québec. C’est dans cette perspective que nous avons proposé le référendum d’initiative populaire sur l’indépendance, une réforme démocratique qualitativement différente des autres, parce qu’elle donnerait au peuple québécois une réelle emprise sur son destin collectif en lui confiant le choix du «moment jugé approprié» pour mettre fin à sa dépendance.

Voir dans Le Devoir


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