Pierre Lincourt | Le Devoir

 

J’ai appris il y a quelques jours qu’il y aurait en septembre un débat des chefs des partis politiques du Québec… en anglais.

Ai-je bien compris ? Un débat en anglais pour les élections québécoises !

Je comprends fort bien que, lors d’une élection générale au Canada, il y ait deux débats, l’un en anglais, l’autre en français. C’est tout à fait normal parce que le Canada a voté en 1969 la Loi sur les langues officielles faisant du Canada, du moins en théorie, un pays où le français et l’anglais devenaient les deux langues officielles.

Donc, pour le Canada, c’est clair.

Pour le Québec, je me demande qui souhaite un débat en anglais. Certains commentateurs ont parlé d’un débat en anglais pour les immigrants. Si tel est le cas, quel est le message que l’on veut leur donner ? Il ne serait donc pas nécessaire d’apprendre le français ? Il leur suffirait d’apprendre l’anglais car les politiciens leur parleraient en anglais ? Le français devient donc accessoire, voire une langue folklorique ?

Est-ce que le débat en anglais s’adresserait plutôt aux anglophones du Québec ? Peut-être, mais on peut présumer que la majorité de ceux-ci a une bonne compréhension de la langue officielle du Québec.

Alors, pourquoi donc faire un débat en anglais au Québec ?

J’entends déjà vos commentaires, et même je m’entends être traité d’anglophobe. Cependant, je vous rappellerai poliment qu’aucun d’entre vous ne crie au francophobe en l’absence d’un débat en français pendant la campagne électorale provinciale en Ontario. Dans mon souvenir, aucune province du Canada, si on fait exception du Nouveau-Brunswick, province officiellement bilingue, n’a tenu de débat des chefs en français.

Pourquoi chez nous, alors ? Il apparaît évident que certains rêvent d’un Québec bilingue où, inévitablement, c’est la langue anglaise qui aurait préséance.

 

 

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