Chronique de Lysiane Gagnon publié dans La Presse le 20 décembre 2011

Il y a des batailles qu’il ne vaut pas la peine d’engager. La croisade du gouvernement du Québec en vue de récupérer les données québécoises du (bientôt défunt) programme d’enregistrement des armes d’épaule est peut-être de celles-là.

C’est jeter l’argent des contribuables par les fenêtres que de se lancer dans une contestation judiciaire qui, au pire, n’aboutira à rien puisque le gouvernement Harper a de toute façon l’intention de détruire les données, et qui, au mieux, ne servirait qu’à récupérer des données fautives et incomplètes pour ensuite retomber dans les mêmes écueils qui ont miné l’entreprise fédérale.

Si le Québec héritait des données du registre fédéral, que se passerait-il?

Comme me l’écrit un lecteur bien au fait du sujet mais lié par un devoir de réserve, «il ne suffirait pas de mettre les données dans un ordinateur. Il faudrait créer de toutes pièces une bureaucratie pour gérer et maintenir ce registre à jour. Pas question de récupérer les fonctionnaires fédéraux, qui sont basés à Miramichi (Nouveau-Brunswick). Il faudrait des bureaux, une structure administrative, des fonctionnaires, des ordinateurs, des logiciels, des formulaires, une loi pour encadrer tout ça, un système de collecte d’information et d’enregistrement… bref, tout ce qui a fait que le programme a coûté deux milliards au Canada.».

À quoi l’on pourrait ajouter qu’il est pour le moins illusoire pour une province de se donner un registre, alors qu’il n’y a pas de frontière entre les provinces!

Les armes, tout comme les personnes, circulent librement à travers le Canada, et rien n’empêchera que des armes «non québécoises», c’est-à-dire non inscrites dans cet hypothétique registre, entrent au Québec.

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