Article de Serge Forgues paru dans le 24 H du 16 décembre 2009.

« Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas très éthique », a lancé le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Mario Beaulieu après avoir lui-même écouté ledit message.

« Thank you for calling Clearview Connect. For service in English, press 1. » Tel était l’accueil réservé mardi aux employés de la Ville de Montréal désireux de rapporter un acte répréhensible via la nouvelle ligne éthique. Cette dernière a été mise en place par le vérificateur général dans la foulée des scandales ayant éclaboussé l’hôtel de ville.

Il s’agit d’un impair d’une entreprise torontoise qui a obtenu, du vérificateur général de la Ville, le contrat d’initier cette ligne confidentielle. Plongé une fois de plus dans l’embarras, Gérald Tremblay a rapidement décrié la situation. Les dénonciations sont aussi venues des partis d’opposition, des employés de la Ville et de groupes de défense du français.

Suite au message d’accueil en anglais, qui contrevient aux recommandations de l’Office québécois de la langue française, on mentionne en français de composer le 2 pour un service dans la langue de Molière avant d’indiquer, en espagnol, qu’il faut faire le 3 pour être servi dans une autre langue.

De plus, on ne mentionne en aucun temps qu’il s’agit de la ligne éthique de la ville. Les seules explications fournies initialement en anglais sont celles-ci :« Clearview Connect est un système de communication confidentiel et anonyme dont le but est d’enrichir les relations entre les personnes et les organisations. »

Décrié à l’unanimité

Au bureau du maire, le jugement a été cinglant. « C’est tout à fait inacceptable, et nous avons demandé au vérificateur général de corriger la situation immédiatement », a tonné le porte-parole de Gérald Tremblay, Martin Tremblay.

De son côté, Louise Harel y voit une entorse flagrante à la Loi 101 et à l’article 1 de la Charte de la ville, et affirme que « c’est encore un dossier donné en sous-traitance qui vire mal ».

« C’est un manque de respect envers les francophones. Ils auraient sûrement pu trouver un fournisseur capable d’offrir le service en français », s’insurge quant à lui Alex Norris, de Projet Montréal, qui s’explique mal que « quelqu’un qui appelle pour dénoncer un problème d’éthique ou de corruption n’entende que le nom d’une entreprise privée ».

Informée par 24H de la mise en service de la ligne, la présidente des cols blancs de la Ville de Montréal, Monique Côté s’est dite déçue, car « Montréal est une ville francophone. C’est du travail bâclé, car il fallait qu’il trouve un moyen de détourner l’attention ».

Ces réactions sont partagées par des groupes de défense du français. « Ça n’a pas de bon sens. Ce n’est pas très éthique », a lancé le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Mario Beaulieu après avoir lui-même écouté ledit message.

Mardi soir, le bureau du vérificateur général n’était pas en mesure de commenter, mais prévoyait faire le point mercredi.

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