Article de RTL.fr le 3 juillet 2011
Relativement peu nombreux, mais bien organisés, motivés et bruyants, les antimonarchistes québécois ont accueilli samedi le prince William et son épouse Catherine dans la province francophone par deux manifestations hostiles. Le couple princier est arrivé devant l’hôpital pour enfants Sainte-Justine dans un concert de sifflets et de huées des antimonarchistes, ponctués par des coups de marteau sur un gros pot de fer. Le contraste avec le rassemblement chaleureux de la veille à Ottawa était frappant.

Le duc et la duchesse de Cambridge sont sortis de leur voiture et se sont engouffrés immédiatement dans l’entrée de l’hôpital, tournant le dos à la foule, où l’on pouvait entendre des cris « A bas la monarchie! » et « Québec français ».

A côté, des militants du réseau « Cap sur l’indépendance » affirmant fédérer 22 organisations, distribuaient une déclaration adressée « à M. William Arthur Philip Louis et Mme Kate Middleton », développant les mêmes arguments historiques et informant les destinataires que leur visite au Québec « n’est pas la bienvenue ».

Les Britanniques avaient conquis le Canada, y compris le Québec, en 1763 à l’issue de la guerre de Sept Ans avec la France. Elizabeth II demeure son chef de l’Etat. Le Québec a repoussé à deux reprises, en 1980 et 1995, la perspective d’un Etat indépendant, à l’issue toutefois d’un vote très serré lors du second referendum. Les indépendantistes voudraient en tenir un troisième, mais leur mouvement est affaibli par des querelles internes.

L’un des animateurs de la manifestation, Mario Beaulieu, président de la Société de Saint-Jean-Baptiste de Montréal, fondée en 1834 et dont l’objectif est la défense du français en Amérique du Nord, a dénoncé « l’épuration linguistique antifrancophone au Canada », dont la monarchie britannique porterait la responsabilité.

Cependant, les manifestants montréalais ont fait plusieurs concessions à la langue de Shakespeare, confectionnant des pancartes en anglais pour déclarer par exemple: « Parasite go home! ». Selon Mario Beaulieu, ce rassemblement n’était qu’un « point de presse », la véritable manifestation contre la monarchie étant attendue le lendemain à Québec.

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