Chroniques de Jean-Luc Mongrain publié dans le Journal de Montréal le 9 janvier 2012

Il faut vraiment que nous soyons en crise identitaire profonde pour accéder à certains caprices, comme celui du port d’un casque d’écoute par une jeune fille de maternelle pour l’isoler de la musique ambiante de sa classe. Cette musique serait satanique et mauvaise, selon les parents! Ou encore permettre à une gardienne de prison de porter un hijab dans l’exercice de ses fonctions dans le secteur carcéral public! Ha oui, j’oubliais, on le fournit avec «velcro» pour diminuer les risques de strangulation, au cas où il y aurait un «bingo» dans l’établissement…

Sommes-nous devenus à ce point aplaventristes pour accepter de telles mesures, au nom de l’accueil et du respect des croyances? Notre individualisme endémique nous entraîne-t-il vers une indifférence à ce que nous sommes? Même si nombre d’entre nous pensent que le Monde a débuté avec eux et que ce qui s’est déroulé avant la date sur leur extrait de naissance est déjà ringard, dépassé et révolu, il faut rappeler que notre histoire est inscrite dans notre tissu social et culturel depuis des générations et que nous devons faire respecter ce que nous avons été et ce que nous voulons devenir: une société qui se respecte défend ses valeurs culturelles et collectives. Une société ouverte aux autres selon les balises qui la définissent. En nos terres, l’espace public est laïc et les hommes et les femmes sont égaux.

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